S2E03 “L.A.B. comme Like A Bird ?” #livinglab

ou le “Top 5 des bonnes raisons d’adopter une démarche Living Lab pour faire de la médiation culturelle”

 

En charge du pilotage du chantier Living lab du consortium Inmediats, j’ai pu expérimenter cette démarche qui repose sur des principes de co-création et d’expérimentation en grandeur réelle, stimulés par des défis sociétaux, économiques ou environnementaux. Citoyens, clients, consommateurs, habitants, publics… y sont considérés comme des acteurs clés des processus de recherche et d’innovation. Cette démarche encourage les collaborations entre des acteurs hétérogènes – chercheurs, entreprises, institutions publiques, artistes et usagers – dans le but de développer des découvertes inattendues.

Initialement pensée comme une approche favorisant la production rapide d’innovations et de recherches dans des sociétés en crise de développement, elle s’avère favorable à de nouveaux modes de projets participatifs. En effet, elle permet à une population d’influer sur les évolutions de notre société et d’en appréhender les enjeux sociaux, culturels et économiques. De par ces qualités, elle s’étend donc peu à peu au delà de ses premières sphères d’influence en devenant entre autre, propice à des démarches de médiation culturelle, principalement scientifiques et techniques.

Les centres Inmediats figurent parmi les premiers établissements à s’être emparés de cette démarche pour en formaliser les spécificités dans la médiation culturelle. Un festival comme le Experimenta à Grenoble constitue un bel exemple de manifestation qui s’articule autour de cette approche. La démarche essaime également auprès d’autres établissements de culture scientifique à l’image du 2 Days Up du CNAM Pays de Loire qui en a fait un élément structurant de sa programmation 2015.

Certains acteurs culturels y voient un détournement opportuniste des missions d’un établissement culturel, pour répondre d’une part à l’injonction à l’innovation, d’autre part à la mobilisation de nouvelles sources de financement. D’autres ne réduisent sa pertinence qu’à produire autrement des objets culturels ou pédagogiques. Alors comment ne pas réduire l’approche Living Lab à la seule production de solutions innovantes pour l’éducation et la culture ? Qu’est-ce qui fait médiation culturelle dans cette démarche en dehors de ces cas minoritaires et particuliers ?

Mon top 5 de ce qui fonde la démarche Living Lab comme l’une des plus prometteuse pour la médiation culturelle, à minima scientifique.

 

rencontre
#1 Rencontrer
La réussite des projets Living Lab repose sur leur capacité à mobiliser collectivités, entreprises chercheurs, communautés créatives et populations afin qu’elles prototypent ensemble de nouveaux usages, projets, produits ou services. Et faire médiation, c’est avant tout permettre à des individus, des regroupements de personnes, des associations, des institutions, des parties prenantes d’une situation ou d’un sujet de se rencontrer. En créant les conditions de cette rencontre, la démarche Living Lab s’inscrit naturellement dans le paysage de la médiation. Encore faut-il que ces projets ne soient pas réduits à leurs simples dimensions participatives ou d’ateliers créatifs entre public homogène. C’est bien dans un processus où des participants d’horizons hétérogènes peuvent se rencontrer et échanger, que réside la qualité du projet.

 

visite#2 Visiter
En  permettant et favorisant l’accès à des espaces normalement exclus voire interdits au grand public, les projets Living Lab répondent à une des préoccupations premières des activités de médiation culturelle et scientifique : donner à voir la recherche en train de se faire. Les pratiques de portes ouvertes, en entreprises ou en laboratoires, peuvent ainsi évoluer pour devenir de bons supports de pratiques Living Lab. Sous cet angle, elle arbore une sens nouveau qui leur confèrent une dynamique de projet dépassant le caractère de la simple opération de “communication”.

 

question#3 Questionner
Les démarches Living Lab nécessitent d’imaginer et de verbaliser de nouveaux usages, de nouveaux produits, de nouveaux services. Cette pratique implique de s’approprier les enjeux, les connaissances et les expertises portées par les différents participants. Interroger autrui, le monde qui nous entoure et celui en devenir : un fondement de l’action culturelle largement facilité par les pratiques de Living Lab. Ce potentiel ne s’exprime que si différentes étapes d’un projet aménagent des temps permettant ce questionnement entre les participants et les « experts » impliqués. Il convient également que des temps et supports de restitutions s’en fassent l’écho le plus largement possible.

 

faire#4 Faire
Une des principales faiblesses de la médiation culturelle scientifique est qu’elle s’appuie parfois sur des artifices pour convoquer les publics. En dehors des formations, ce qui est produit par la médiation scientifique n’a que rarement d’expression réelle et fonctionnelle ; elle n’est qu’un prétexte. Le principe du Living Lab étant de produire quelque chose – service, usage, produit, connaissances – qui bénéficie à l’intégralité des participants, cette démarche accouche d’objets virtuels ou physiques comme autant de témoignages symboliques et fonctionnels d’un acte de co-création entre les parties prenantes.

 

documenter#5 Documenter
À la lecture des premiers points, on comprend aisément que les démarches Living Lab ne bénéficient pas d’un nombre important de participants en dehors des phases de tests à grande échelle. Que ce soit en ligne ou physiquement, sous la forme d’ouvrages ou d’expositions, une documentation avant, pendant et après le projet constitue donc le dernier point essentiel de l’acte de médiation. Séries d’articles en ligne, revue de projet, schémas des prototypes conceptuels ou réels, interviews des participants, textes de vulgarisation ou d’information sur les enjeux des technologies mobilisées… Cette documentation constitue une action essentielle dans les projets Living Lab puisque c’est par son intermédiaire que la co-création est verbalisée, synthétisée et partagée. Elle constitue la première « rétribution » faite aux participants sans laquelle leur implication reste fragile.  Elle permet enfin d’élargir les publics impliqués, d’informer du projet et parfois de recruter de nouveaux projets ou participants. Autant de pistes qui méritent un Top 5 rien que pour elles.

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Pour les visuels : © MADE WITH LOVE BY RYAN MCGUIRE

 

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