S1E03 « C’est qui le plus fort : Robocop ou Steve Austin ? » #POPCULTURE

ou mon « Top 5 des raisons qui invitent à faire de la “pop culture scientifique”

Depuis ces 5 ou 10 dernières années, il n’est plus honteux d’être un acteur culturel et de dire que l’on aime les super héros, le space-opera, les comics, le roman de gare, les séries TV et séries B, les nanards, les jeux vidéos, … En bref, les “mauvais genres”, terme que j’emprunte au festival festival du même nom qui se déroule chaque année à Tours(1). Il se trouve que cette “pop culture” (que je me refuse à essayer de définir) a bénéficié de quelques bijoux médiatiques qui ont facilité sa montée en prestige et fait redécouvrir quelques uns de ses chefs d’œuvres fondateurs. Néanmoins, dès lors qu’il est question de s’en saisir ou de s’en réclamer lors de projet de culture scientifique, des réticences apparaissent : c’est pas sérieux, c’est du marketing ou de la com’ et éventuellement c’est trop “geek” ça va faire fuir les vrais publics.

Un top 5 s’impose pour ne pas rester dans cette impasse, voir dans l’ignorance.

S01E01/ “Je leur ferai voir un monde sans vous, un monde sans lois ni contrôle, sans limites ni frontières, un monde où tout est possible.” (1)

Une des raisons pour lesquelles je n’essaye pas de définir la pop culture est qu’elle est proteïforme et qu’elle déborde sur plein de formats et de médias différents. Et pouvoir chahuter les médias, du “crossmédia” au “transmedia” en passant “l’intermédia”, lorsque l’on revendique de faire de la médiation culturelle, c’est un peu le rêve, non ? En plus, le format emprunte constamment aux jeux, aux défis, aux quêtes et aux enquêtes, des leviers (trop) réccurents du « ludique » et de la gamification recyclé à chaque nouveau projet à destination du « jeune » public (il faudra que je fasse un top 5 là dessus un jours).

S01E02/ « Ne fais pas attention à l’aspect rudimentaire de cette maquette, je n’ai pas eu le temps de la faire à l’échelle ni de la peindre »(2)

Un court article d’entretien(3) avec Philippe Coulangeon, directeur de recherche au CNRS et membre de l’Observatoire Sociologique du Changement (OSC),  m’a particulièrement éclairé sur la posture du fan, celui que l’on associe en France à l’invité du “diner de con”. Cet entretien fait référence à plusieurs ouvrages, mais en substance voici ce que j’en ai retenu et remixé à ma sauce… Le clivage entre une culture noble et une culture de masse ne se fait plus sur des pratiques dites “savantes” (opéra, théâtre, …) mais sur la capacité à une diversité de pratiques. Il y est fait référence aux travaux de Richard Peterson(4qui oppose l’omnivorité de l’éclectisme culturel des classes supérieures et moyennes à l’univorité culturelle caractéristique de l’exclusivité des goûts populaires (dont la figure extrême et caricaturale serait le fan). Ainsi, en multipliant les ouvertures aux pop cultures, on multiplie donc les opportunités de s’adresser au fan, de l’inviter à pénétrer dans nos établissements pour passer d’une culture de reconnaissance à une culture de découverte. Une des rares occasion d’associer démocratisation de la culture avec démocratie culturelle.

S01E03/ Pierre, Feuille, Ciseaux, Lézard, Spoke.(5)

En janvier 2014, Kaz Hirai le CEO Sony, avait brillamment lancé le CES de Las Vegas(6). Sur la forme d’abord avec un diaporama “hand made” produit et diffusé en temps réel par Media Molecule(7). Outre un effet “Wow”, il y avait fait référence à la “generation remix” comme emblématique des générations Y et X. Cette dimension du remix, du détrounement du recyclage, du sample  est un des traits essentiel de la pop culture. C’est un ouvroir de créativité potentielle. La pop culture, par sa capacité à remixer ses codes en permanence, à tout changer pour que rien ne change, porte en elle cette capacité à suscité la curiosité et la créativité des publics : un des objectifs majeurs de la culture d’innovation et des pratiques participatives en médiation culturelle. 

S01E04/ On ne choisit pas les choses auxquelles on croit, elles nous choisissent ! (8)

Est-ce un pur hasard qu’une grande majorité d’amateur de SF, de fantasy ou de “nerd culture” s’exprime autant dans les labos scientifiques (bon j’ai pas de statistique, mais il n’y a que là que j’en parle) ? Est-ce que je suis le seul à penser que sans le PADD de Star Trek(9) il n’y aurait pas d’ipad et sans minority report(10), il n’y aurai pas son ergonomie d’usage ? Pourquoi au bout d’une heure passée avec une start-up innovante ou avec des doctorants on se retrouve à évoquer GOT, parfois Journey(11) ou des méthodes de création d’hologramme 3D de Death Star(12) ou de Réalité augmenté pour le récent Jarvis de Tony Stark(13). Le volet SF, geek et nerd de la pop culture fait partie intégrante de la culture scientifique et figure parmi celle qui a généré le plus de vocation (là aussi pas de statistiques, que des convictions) 

S01E05/ 42 (14)

La pop culture ne dispose pas d’espace de reconnaissance et de représentativité. Je modère cette déclaration depuis sa récente appropriation par les grands média, à l’image de Pop fiction sur France Inter(15) et avant du Mouv’. Ses rares lieux d’expressions sont des émissions de télé-réalités standardisées, celles que rejettent les omnivores et qui s’adressent à des univores. Le risque est qu’elles s’y restreignent, qu’elles ne soient perçues qu’au travers de leurs stéréotypes édulcorées et digérés, qu’elle cultive leur caractère communautaire et qu’il faille attendre des année savant d’en découvrir le potentiel et les qualités. Mais finalement on ne fait que reproduire ce qui existe depuis des années en terme de cultures émergentes, à la différence que dans le cas de la pop culture, elle n’est ni de niche, ni de classe mais de masse !

Top 5 de vos questions, critiques, compléments, insultes, louanges à ma gloire ou pistes pour me payer un accès au comic con dans les commentaires.

I’ll be back !

 

TERMINATOR

 

(1) Voir le festival mauvais genre à Tours à qui j’emprunte cette belle dénomination. http://www.festivalmauvaisgenre.com/

(2) Retour vers le futur#1 – Doc Emmet Brawn -1985

(3) “Les nouveaux clivages culturels” in Sciences humaines “Guide des cultures pop” Grands Dossiers N° 26 “ mars-avril-mai 2012

(4) Richard Peterso et Roger Kern – “Changing highbrow taste : From snob to omnivore” in American Sociological Review N°5 – 1996

(5)sheldon’s tuch https://www.youtube.com/watch?v=llq528pnv9c

(6) CES Keynote inaugurale 2014 https://www.youtube.com/watch?v=zmt4g940_nQ

(7) http://www.mediamolecule.com/

(8) Tom Cruise dans “Minority report” de l’ami Steven

(9) PADD http://fr.memory-alpha.org/wiki/PADD

(10)  Minority report devient réel : http://www.spartanpr.com/2013-the-year-minority-report-becomes-real/

(11) trailer de ce petit chef d’oeuvre indé de 2012 https://www.youtube.com/watch?v=_mF8KkDiIdk

(12) Mon Motma, elle envoie ! http://www.customstarwars.freeweb.hu/jk2/masodik_halalcsillag.jpg

(13) Des lunettes RA en mode Tony Stark, je prends moi !  http://www.lequipement.fr/uploads/images/infos/2014/iron-man-jarvis.jpg

(14) Bah 42 quoi ! http://fr.wikipedia.org/wiki/42_%28nombre%29#En_fiction

(15) http://www.franceinter.fr/emission-pop-fiction

4 réflexions sur “S1E03 « C’est qui le plus fort : Robocop ou Steve Austin ? » #POPCULTURE

  1. Voilà donc un bon article, bien passionnant. J’ai beaucoup aimé et n’hésiterai pas à le recommander, c’est pas mal du tout ! Elsa Mondriet / june.fr

  2. Au début de l’ article c’est pas mal effectivement, ensuite je suis un peu perdu (voir septique) vers la fin, peut être que vous pouvez m’ éclairer ? Marc étudiant / président de l’association Seo-Rennes

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